Les massacres de Casablanca

Du 5 au 7 août 1907 se déroulait l’un des crimes de guerre les plus odieux de la République au Maroc : le bombardement de Casablanca. Quelques jours plus tôt, des milliers de guerriers de la tribu chaouie des Ouled Hriz avaient en effet massivement investi la ville pour protester contre l’occupation d’Oujda par les troupes du général Lyautey, mais surtout contre la présence de moins en moins discrète des prémices d’une colonisation française : installation d’agents douaniers dans le port de Casablanca & lancement de grands chantiers. Les consulats européens sont assiégés, et neuf ouvriers étrangers perdent la vie au cours des affrontements.

Aussitôt, plusieurs cuirassés français sont dépêchés de Tanger, Toulon & d’Algérie. Le 5 août, le bombardement aux obus incendiaires, impitoyable, de jour comme de nuit, débute, accompagné du débarquement progressif des fusiliers-marins sur la plage de Sidi Belyout. Rien n’est épargné : ni les civils, femmes & enfants, massacrés pendant leur sommeil, ni les mosquées. Les combats, acharnés, se concentrent au niveau de la casbah (Bab Marrakech), jusqu’à ce que les troupes françaises soient parvenues à prendre le contrôle total de la ville blanche. Au terme de ces trois jours de carnage, Casablanca n’est plus, ou presque – à l’exception du quartier européen -, tandis que les légionnaires livrent les ruines de la cité au pillage. Les rapports français parlent de 1500 morts, les Allemands du double; les survivants, terrorisés, ont fui. L’incident marque le début de la « pacification » du Maroc, qui prendra 27 ans & coûtera la vie à plus de cent mille musulmans…

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